C'est ma vie, Conseil de gestion

10 questions pour mieux accompagner vos employés hors de leur zone de confort

Première expérience de plongée / Mexique 2019 / Être accompagnée hors de ma zone de confort

Crédit photo : Francesca Reina

INTRODUCTION

Les critiques envers les milléniums fusent. Je dois reconnaître que leurs schèmes de pensées diffèrent souvent des miens. Étonnamment, c’est un spécimen de cette génération qui m’a donné l’élan pour mon baptême de plongée sous-marine. Quelle extraordinaire expérience ! Et si leur diversité permettait de voir les choses autrement et d’accélérer les transformations? Mais ceci n’est pas le propos de cet article. Durant l’aventure, j’ai eu la chance ou la malchance d’être accompagnée par deux maîtres-plongeurs à l’approche diamétralement opposée. J’ai pu comparer les impacts de leurs interventions sur mon anxiété et aussi sur mon plaisir global. Voici ce que je retiens de cette expédition à quinze mètres de profondeur dans la mer agitée de Riviera Maya.

10 QUESTIONS POUR MIEUX ACCOMPAGNER VOS EMPLOYÉS HORS DE LEUR ZONE DE CONFORT

  1. Savez-vous reconnaître que quelqu’un navigue hors de sa zone de confort ?
  2. Quelle est votre intention ? Êtes-vous concentré sur l’atteinte de la destination ou êtes-vous dévoué à rendre le chemin agréable pour vos ressources ?
  3. Quels outils utilisent vos employés ? Sont-ils efficaces et en ordre ?
  4. Observez-vous l’impact de vos interventions sur l’état d’esprit de votre équipe ?
  5. Adaptez-vous votre approche aux besoins spécifiques de vos gens ?
  6. Complémentez-vous les informations techniques avec des images qui inspirent ?
  7. Prenez-vous le temps de clairement définir les rôles et responsabilités ?
  8. Donnez-vous de la latitude à vos ressources pour qu’elles explorent d’elles-mêmes ?
  9. Respectez-vous le rythme d’apprentissage de vos ressources ?
  10. Êtes-vous patient et disponible pour encourager et aider ?

DES CONSEILS DE GESTION ILLUSTRÉS

Savez-vous reconnaître que quelqu’un navigue hors de sa zone de confort ?

L’histoire : Les deux coachs voyaient très bien que j’étais déstabilisée. Mon niveau de stress était très visible. Au point, qu’au moment de me lancer à la renverse dans l’eau, j’ai paniqué.

Le conseil : Ce n’est pas toujours si simple de détecter le malaise d’une personne. Certains veulent se montrer braves et courageux et camouflent leur peur. Au lieu de demander « est-ce que ça va ? », posez plutôt la question « comment te sens-tu ? ».

Quelle est votre intention ? Êtes-vous concentré sur l’atteinte de la destination ou êtes-vous dévoué à rendre le chemin agréable pour vos ressources ?

L’histoire : Aurore, responsable de la formation et des exercices, souhaitait que nous vivions une expérience qui se rapproche de la méditation. Toutes ses interventions étaient imprégnées par cette volonté prioritaire. Elle a créé un climat très détendu. Malheureusement, ce n’est pas elle qui dirigea la plongée. Marco, un maître plongeur local, nous guida. Son intention, évidente par ces gestes et ces actions, visait qu’on se rende rapidement et en sécurité au point de remontée. Il nous supervisait tel un militaire. Il a créé une ambiance énervante. Je peux comprendre que mener une bande d’amateurs dans les profondeurs peut présenter son lot de stress pour un chef, mais je sais que mon aventure aurait été bien différente si Aurore avait été aux commandes.

Le conseil : Alors que nous vivons une pénurie de main-d’œuvre, atteindre les objectifs d’affaires n’est plus suffisant pour motiver et retenir les employés. Ils doivent connaître une belle expérience au quotidien dans votre équipe. Qu’est-ce qui contribuerait à enrichir leur parcours ? Même si les défis vous préoccupent, agissez-vous comme un parapluie pour que vos gens ne ressentent pas votre propre stress et celui de vos supérieurs ?

Quels outils utilisent vos employés ? Fonctionnent-ils adéquatement ?

L’histoire : Malheureusement pour moi, je disposais d’un détendeur défectueux, j’ai donc avalé de l’eau durant toute la plongée. Comme je croyais que c’était normal, que je ne savais pas me servir correctement de l’engin, je n’ai pas cherché d’aide. J’aurais dû utiliser le détendeur de secours, au moins l’essayer pour constater si le problème persistait.

Le conseil : Combien de fois vos employés s’accommodent-ils d’équipements peu performants, et n’en parlent pas ? Demandez-leur ce qui faciliterait leur travail ? Quelles sont les améliorations qu’ils aimeraient voir apporter à leurs outils ?

Observez-vous l’impact de vos interventions sur l’état d’esprit de votre équipe ?

L’histoire : À un moment, Marco a fait un signe que je ne comprenais pas.   Il s’est rapproché de moi. En prenant ma main et la guidant vers ma ceinture, il tentait de me communiquer quelque chose. Plus il insistait, plus je m’inquiétais. J’étais persuadée qu’il y avait un problème. En réalité, il voulait que je vérifie la pression dans ma bombonne. Mais, je n’avais pas appris cet élément parce qu’Aurore nous avait assurés qu’elle le ferait pour nous. Il a finalement inspecté la jauge lui-même et m’a signalé que tout était « OK ». Mon cœur a cessé de battre la chamade.

Le conseil : Est-ce que vos commandes sont claires et comprises ? La définition du mandat est trop souvent escamotée. Prenez le temps de spécifier vos attentes avant de démarrer les travaux. Est-ce que vos interventions augmentent le niveau de stress ? Lâchez-vous prise sur certains aspects non essentiels ? Comment accueillez-vous les erreurs et les imperfections ? Inspirez-vous à avancer ? Conservez-vous certaines tâches pour baisser la pression ? Voyez-vous l’impact que vous avez ?

Adaptez-vous votre approche aux besoins spécifiques de vos gens ?

L’histoire : La blonde de mon fils stressait encore davantage que moi. Les capitaines des deux bateaux, pour équilibrer la charge, ont séparé les couples. Ils ont divisé les binômes ! Mon mari et mon garçon voyagèrent dans l’autre embarcation. Sans son chum pour la réconforter, la jeune s’est mise à angoisser. Pour se jeter à l’eau, elle s’est retrouvée du côté opposé à moi, et la dernière à être équipée. Tardant à se laisser basculer vers l’arrière, le capitaine l’a poussée. Seule dans la mer agitée, déstabilisée, brusquée, et apeurée, elle est remontée dans le bateau pour nous attendre. Quant à la fille de mon mari, elle s’est lancée sans problème. Durant la plongée, elle a nagé comme un poisson en se souciant très peu des directives incessantes du maître plongeur. Les deux n’avaient pas besoin de la même sorte d’accompagnement. Pour la première, il manquait d’encouragement, de douceur et de patience. Pour la deuxième, il y avait trop de supervision.

Le conseil : Une recette de gestion taille unique ne sera jamais adéquate pour tirer le meilleur de vos ressources. Entendez-vous sur la fréquence et la nature des suivis que chacun de vos employés aimerait. Une question simple : Qu’as-tu besoin de moi pour performer ? Une question qui fait appel au cœur : Qu’as-tu besoin de moi pour être heureux au travail ? Créez-vous un climat de travail qui rassure vos employés plus insécurisés et qui les stimule à avancer même s’ils ne sont pas à 100 % à l’aise et prêts ?

Respectez-vous le rythme d’apprentissage de vos ressources

L’histoire : Mon conjoint fermait le peloton, par chance pour lui. Très tôt dans la descente, la douleur dans ses oreilles l’a gêné . Aurore, ayant la responsabilité de nous surveiller à l’arrière, l’a accompagné. Elle a fait preuve d’une patience remarquable, lui a indiqué d’équilibrer la pression dans ses voix nasales. Mais, ça ne suffisait pas. Elle l’a donc entraîné un mètre plus haut, fait patienté, ainsi de suite, un mètre à la fois. Marco n’a eu d’autre choix que de nous réunir au fond de la mer en attendant que mon homme nous rejoigne. Aurore a fait la différence. Mon époux est le novice qui s’est le plus démarqué sous l’eau tellement il y a été à son aise. Il a même pu par la suite aider mon fils a retrouver son calme alors que l’expérience était plus difficile pour lui.

Le conseil : Certains sont vites d’autres sont lents, c’est ainsi. L’accompagnement respectueux et empathique de tous les styles qui composent votre équipe peut transformer un climat de travail de façon radicale et contribuer même à générer de la collaboration. Comment vous comportez-vous avec vos employés qui sont un peu plus «dur de la comprenure» ?

Complémentez-vous les informations techniques avec des images qui inspirent ?

Dis-moi comment ce sera ? John Steinbeck, Des souris et des hommes

L’histoire : Au moment de plonger hors du bateau qui tangue généreusement dans la mer agitée, Marco a donné les explications suivantes : « In one two tree, we go. » Je réalisais pour la première fois que j’allais devoir me lancer dans le vide par en arrière. J’ai figé. Aurore a pris le relais. Avec sa voix douce, en imageant l’expérience, elle m’a calmée en quelques secondes. J’ai basculé dans l’eau au compte de 3. Wow, tellement euphorisant ! Si Aurore n’avait pas été avec moi, je restais dans le bateau, ou pire, je me faisais pousser par le capitaine. Elle m’a transmis sa passion et je voulais y gouter moi aussi.

Le conseil : On dit qu’une image vaut mille mots. Utilisez plus souvent le tableau blanc au lieu de PowerPoint arides chargées. Dessinez votre propos. Racontez des histoires qui inspirent. Rendez concrète votre vision. Aidez vos employés à visualiser la cible.

Prenez-vous le temps de clairement définir les rôles et responsabilités de chacun ?

L’histoire : Aurore nous avait dit de ne pas nous soucier de la quantité d’air dans la bombonne parce qu’elle s’en occuperait pour nous. Elle nous a invités à nous concentrer sur notre respiration pour profiter calmement de l’expérience. Elle ne nous a donc pas enseigné à vérifier la jauge de pression. Elle et Marco travaillent différemment, ne partagent pas la même vision de l’accompagnement lors d’un baptême de plongée. Marco croyait que je savais regarder ma jauge, pour lui c’est un incontournable de sécurité. De la confusion et de l’anxiété ont grandi de mon côté quand je ne comprenais pas son signal et qu’il s’acharnait avec impatience pour que j’obtempère. Mon rôle n’avait pas été clairement défini. La divergence d’approche des deux coachs constatée dans l’action a aussi créé de la tension.

Le conseil : Assurez-vous d’établir une compréhension commune de ce qui est attendu de chacun. Ce qui est évident pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre. Il arrive que certaines valeurs et certains objectifs entrent en contradiction. Des éléments utiles de clarification auraient pu être : Durant la plongée je serai satisfait si les plongeurs… À la fin de la plongée je serai satisfait si… Je m’attends de toi… Mon intention est que…

Donnez-vous de la latitude à vos ressources pour qu’elles explorent d’elles-mêmes ?

L’histoire : Comme j’étais stressée, Marco me gardait tout près de lui en tout temps. Toutes mes tentatives pour m’éloigner de lui de quelques longueurs ont échoué. J’ai dû suivre les directives, bras croisés. J’ai subi le trajet. Sa surveillance constante de mes moindres gestes a grandement contribué à m’insécuriser. Mon conjoint, à l’arrière du peloton, loin du contrôle de Marco, a exécuté des vrilles sur lui-même, a nagé avec quelques poissons, il s’est amusé comme un petit fou.

Le conseil : Savez-vous donner de la latitude à vos ressources pour réaliser des tâches importantes ? Lorsque les attentes sont énoncées, laissez-vous vos employés décider du comment, prendre un chemin peut-être différent du vôtre, pour arriver au même but ?

Êtes-vous patient et disponible pour encourager et aider ?

L’histoire : Une fois la plongée terminée, un dernier défi m’attendait : l’embarcation. Marco, qui pourtant ne m’avait pas donné aucun jeu durant le circuit, opérait à ce moment loin de moi. Je n’avais pas entendu qu’il fallait ôter les palmes pour monter dans le bateau. Imaginez un peu la scène. Je m’agrippais à l’échelle à laquelle je tentais de grimper sans succès, toujours chaussée en homme-grenouille, ballotée dans toutes les directions par les fortes vagues. Il semble que la chose aurait dû me venir naturellement, mais non. Épuisée, j’ai crié : « Marco, je ne sais pas quoi faire, AIDE-MOI ! » Il a ri en voyant les palmes dans mes pieds.

Le conseil : Oui, vous devrez répéter souvent les instructions. La qualité d’écoute d’un individu est inversement proportionnelle à son niveau de stress. Valider sa compréhension en lui demandant : que te souviens-tu,  ou quels 3 éléments devrais-tu considérer… une question ouverte qui confirme qu’il pige ce que vous avez communiqué. Aider un employé à apprivoiser un changement, une nouvelle tâche, dans nos contextes d’affaires hautement exigeants n’est pas simple. Selon sa personnalité et son niveau d’aise, il pourrait réagir de manière inattendue, excessive, ou voir même, ridicule. Retenez votre jugement, redoublez de patience, encouragez, et répétez. L’art d’accompagner une personne hors de sa zone de confort consiste à trouver le juste équilibre entre la supervision et le lâcher-prise. Savoir se rendre disponible ou invisible demande d’être à l’écoute des besoins de vos ressources.

CONCLUSION

Le temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui. Paul Morand, L’homme pressé

J’aurais pu publier, immédiatement en sortant de l’eau, sur Facebook, la photo jointe à cet article avec le texte suivant « La plus belle expérience de ma vie ! #plongée ». J’aurais sûrement recueilli plusieurs mentions j’aime et de nombreux commentaires. Quel exploit n’est-ce pas ?

J’ai plutôt choisi de prendre le temps de réfléchir à ce que j’en retirais. Voilà près de deux semaines que je rédige ce texte. Je récolterai assurément beaucoup moins d’attention. Les longs textes ont moins la quote que les #tag. Mon ambition étant d’inspirer et non d’impressionner, je ne collectionne pas les marques d’appréciation. Toutes les expériences que nous vivons sont source de croissance dont certainement quelqu’un peut profiter. J’écris pour ce quelqu’un.

Tout comme pour l’accompagnement, c’est une question d’intention. Si votre dessein est que votre employé connaisse un parcours stimulant et enrichissant vers l’autonomie et l’atteinte des objectifs vous saurez comment balancer vos interventions pour réaliser ce but. Vous y mettrez le temps et les efforts.

REMERCIEMENTS

Je ne pourrai jamais assez remercier mon fils, Maxime, qui m’a fait découvrir le fantastique univers de la plongée. J’entreprends ma certification PADI, et j’anticipe avec joie mes prochaines explorations.

Merci aussi à Geneviève, Marie, Erika, et Bernard d’avoir partagé ce moment avec moi.

Un merci tout spécial à Sandrine qui m’a donné ce défi à relever, à Francesca qui a immortalisé professionnellement ce souvenir, et à Aurore, une accompagnatrice inspirante.

Et merci Maurice, tu as rendu possible ce voyage d’une vie. Tu continues de nous inspirer tous les jours.

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Sorties avec le Club des Dix

Voyage aux confins de l’imaginaire dans ma bulle créative

Hier, je participais à un atelier photo hautement technique: Photographier des gouttes d’huile dans l’eau. D’abord, le choix de la station et la configuration des accessoires nécessaires. Puis, l’ajustement du trépied et de la caméra. Ensuite, le choix des réglages. Finalement, le jeu avec les gouttes, les lumières, et les fonds, pour composer une scène captivante.

J’étais tellement concentrée à accomplir la tâche selon une recette précise, que j’ai perdu contact avec ma créativité. J’étais sur le point d’abandonner, lorsqu’un ami m’a dit: « Tu ne trouves pas ta bulle ? » Ce jeu de mots m’a fait rire et m’a permis de me reconnecter avec mon inspiration. Je me suis promenée autour des stations sans trépied en prenant des photos à main levée, qui ne seraient pas adéquates, mais qui m’ont permis de visualiser ce que je pouvais faire. Après, j’ai apprivoisé la technique avec une image en tête, et je me suis amusée.

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11 ingrédients pour réussir vos transformations

Depuis plus de 20 années, je travaille en performance organisationnelle et mon plus récent projet, l’aménagement de mon jardin de ville, m’a permis de mettre en pratique plusieurs leçons acquises dans l’exercice de ma profession. Je partage avec vous 11 ingrédients pour réussir vos transformations.

Le trajet ayant mené à l’accomplissement des photos présentées dans ce diaporama fut long et pavé d’obstacles, tout en demeurant passionnant.   

Dans ma cour, rien ne poussait, à l’exception d’un immense magnolia, très malade. Les plantes ne disposaient que de 2 pouces de terre avant de rencontrer racines et glaise, et aucune lumière ne les atteignait. Une transformation s’imposait.   J’ai d’abord dû préparer le terrain pour recevoir ses nouveaux pensionnaires. Comme la tâche dépassait mes compétences physiques, je l’ai confiée à des spécialistes.   Ils ont extirpé le magnolia, creusé 18 pouces dans toutes les platebandes et épandu un adéquat substrat de plantation. Puis, j’ai étudié mon milieu, l’ensoleillement, le type de sol, l’espace disponible, etc. Conclusion, même une fois l’arbre infesté retiré, je dispose d’un jardin d’ombre sèche mal drainé. Le paradis pour tout paysagiste quoi !

J’ai donc dessiné un plan en conséquence et j’ai recherché des plantes qui me plaisent et qui sont aptes à s’épanouir dans ce contexte inhospitalier. La conception s’est échelonnée sur une année. Et j’ai patienté avant de la réaliser jusqu’à ce que les conditions climatiques soient propices. 

Quand je suis passé à l’action, le travail physique éprouvant a vraiment débuté. J’ai demandé à mon conjoint de m’aider pour les tâches trop lourdes. Les difficultés se sont accumulées, comme : le transport des arbustes plus volumineux, les écureuils qui décapitent toutes jeunes pousses, la pluie et le froid qui ne cessent cette année, la terre devenue un champ de boue, le mal de dos, etc. Lentement mais sûrement, avec persévérance et détermination, en conservant la cible en vue, je suis parvenue à tout transplanter. Mais le travail est loin d’être achevé.

Maintenant, tous les jours je marche mon jardin. Je taille, je désherbe, j’engraisse, j’arrose, je reste à l’affût, toujours aussi curieuse d’observer les changements. Je trouve des solutions à la manie horticole des écureuils. Je me renseigne. J’apporte des ajustements. Je suis en amélioration continue. Mais, nous sommes encore loin d’une photo réussie.

Encore une fois, je patiente, les plants doivent pousser. Je cherche des points de vue attrayants. Je m’allonge au sol, je me rapproche du sujet, je choisis les bons réglages (une tout autre expertise que je développe en pratiquant). Je prends mon temps, je contracte les muscles et je demeure immobile autant que je peux pour figer rapidement la plante qui se balance dans le vent. Mais, ça ne donne toujours pas un cliché unique.

Il me reste à traiter la photo. Alors, je me laisse guider par l’inspiration pour créer une vision qui parle et qui raconte une histoire. Avec cet article en tête, je cherche à concevoir une image qui invoque l’un des 11 ingrédients pour réussir une transformation.

1) Prendre des décisions difficiles pour rayonner : une fois une direction choisie, il faut parfois poser des gestes crève-cœur pour permettre le renouveau.   Ce n’est pas parce qu’il en a toujours été ainsi que ça doit forcément continuer. Si un sujet malade siphonne l’énergie de l’ensemble, mieux vaut intervenir. Pour que des tulipes et autres plantes poussent en santé, le magnolia a été remercié. Inutile de vous dire comment cette décision m’a chagrinée. Aujourd’hui, un an après, le soleil comble non seulement les habitants de ma cour, mais aussi ceux du voisinage, le milieu entier vit un renouveau.

2) Garder l’esprit ouvert : je ne jouirai pas d’un havre débordant d’inflorescences multicolores et glorieuses. Un jardin d’ombre c’est différent et en étudiant sur le sujet, j’ai découvert combien il peut éblouir. Les fleurs ne possèdent pas le monopole de la beauté. De plus, au printemps, alors que les feuilles des grands arbres ne sont pas poussées, les plantes peuvent profiter de longues périodes d’ensoleillement. J’ai puisé des idées dans diverses sources. J’ai écouté les points de vue différents. J’ai beaucoup appris.

3) Faire preuve de patience : de nos jours, tout doit être réglé immédiatement. Sans tomber dans la procrastination, laisser germer les graines que l’on sème demande du temps.

4) Donner l’exemple et inspirer : se tenir droit devant les obstacles, être vu et entendu, se pointer le nez hors de l’ombre et des coulisses. S’affirmer fièrement et humblement en respectant son milieu.  Même les plus timides ont le devoir d’exprimer en plein jour leur opinion. Les encouragez-vous ?

5) Saupoudrer des bonnes vibrations : pour protéger mes tulipes, j’ai épandu un répulsif bio, et elles poussent bien. Nos employés rencontrent beaucoup de problèmes. Un gestionnaire doit comprendre ce dont ils ont besoin pour rayonner et leur fournir. 

6) Prendre le temps de regarder les détails : contrairement à l’adage « dans les détails réside le diable », je prétends que c’est dans ceux-ci que résident les œufs d’or. Les meilleurs leviers pour réussir une transformation sont souvent des subtilités toutes simples connues de plusieurs, mais auxquels on n’accorde plus aucune attention.

7) Garder les yeux sur la cible : durant la réalisation des solutions, souvent les joueurs varient. L’erreur que je constate quasiment immanquablement dans chaque projet, c’est la perte de vue du changement visé. L’objectif initial disparait et le livrable se résume à « déployer la solution ». Fréquemment, le remède ainsi administré ne règle rien. Et le scepticisme s’installe : « On va à nouveau travailler pour rien » ! Garder les yeux sur la cible du début à la fin semble une évidence, mais cela demande de répéter et de répéter encore la finalité définie dans le mandat qui a donné naissance à l’initiative. 

8) Prendre du recule pour une perspective d’ensemble : Une fleur seule de myosotis du Caucase est bien mignonne, mais c’est à plusieurs qu’elles créent leur effet vaporeux et enchanteur. Comment vos employés collaborent-ils ? Pourquoi ne pas développer des objectifs d’équipe ?

9) Demeurer flexible : inutile de vous décrire les contorsions requises pour trouver le bon point de vue autour d’une plante. Si vous voulez atteindre la cible, des adaptations aux solutions que vous avez imaginées devront être produites pour gagner et conserver l’adhésion.

10) Accepter l’imperfection et persévérer : certains végétaux ne pousseront pas, les écureuils en décapiteront plusieurs, mon jardin évoluera en continu. Si on attend que tout soit parfaitement ficelé, rien ne changera. Il faut se lancer à un moment, surveiller les résultats, et apporter les ajustements requis. Les lacunes peuvent accélérer l’adhésion. Eh oui ! Enrôlez ceux qui les détectent, valorisez-les et offrez-leur de contribuer aux modifications nécessaires.

11) S’adapter à la réalité : tirer parti de la situation telle qu’elle est. La génération «y» restera la génération «y», inutile de tenter de la transformer. Comment capter le meilleur de ce qu’elle a à vous procurer ? L’alchémille molle est velue et collecte la rosée pour ne jamais manquer d’eau, même dans les grandes sécheresses. De quelles richesses regorge votre environnement et comment pouvez-vous vous adapter pour les récolter ?

Conseil de gestion, Photo de la semaine

Le mouvement et l’immobilité: deux forces complémentaires pour conserver l’équilibre

En photographie, il est possible de capturer le mouvement durant une longue période. Cette image fige l’effet du mouvement durant 4 secondes. Il s’agit d’une longue exposition. Pour que le résultat soit équilibré, il est essentiel de composer la scène en y insérant des éléments complètement immobiles sur lesquels effectuer la mise au point. Ici, les vagues et les nuages bougent, alors que les poteaux immobiles prennent la forme de personnages paisibles.

Par analogie, dans toutes situations mouvementées une façon de conserver l’équilibre, est de garder son centre d’attention sur des éléments stables. Le mouvement enrichit l’expérience, diversifie les points de vues, transforme le présent. Les éléments fixes, points de repère imperturbables, sont garants de nos visées et valeurs.

À travers cette photo, le mouvement devient créateur de beauté et de calme. En prenant une pause, en ralentissant un peu le temps, on dessine un portrait plus varié et complet de la situation, et ainsi de meilleures décisions peuvent être prises. Le mouvement combiné à l’immobilité crée des résultats spectaculaires.

Comme la seule constante est le changement, êtes-vous à l’aise quand tout continue de bouger autour de vous alors que vous n’avez pas complété vos projets?

Conseil de gestion

Conserver l’équilibre

Pas toujours facile de conserver l’équilibre lors de situations déstabilisantes.  Si vous sentez que vous perdez vos moyens, voici quelques trucs utiles et simplement efficaces :

  1. Prendre une pause
  2. Reconnaître son déséquilibre à  son interlocuteur
  3. Dédramatiser en utilisant l’autodérision
  4. Écouter l’autre
  5. Demander l’aide de l’autre pour trouver ensemble une solution

Pour illustrer mon propos, je me suis amusée à créer ces montages photos.  Et vous, il vous arrive de ne plus savoir par quel bout aborder une situation ?

Sorties avec le Club des Dix

Grande Bibliothèque de Montréal

Tout est possible: même faire de la photo à main levée, dans un environnement plein de personnes qu’on n’a pas le droit de photographier, sans trépied, avec juste un peu de lumière, et sans objectif grand-angle. Même avec un mal de dos et de hanche, même très fatiguée, il possible de passer un super moment avec des gens que j’aime. Il est possible d’être inspirée et de créer.  

J’ai parcouru lentement tous les étages, toutes les allées et tous les recoins de cette grande bibliothèque. Cette vitesse imposée par la douleur m’a offert l’occasion de m’imprégner des lieux.  J’ai été attristée de voir combien il y avait peu de gens qui lisaient un vrai livre. L’omniprésence de l’ordinateur et du cellulaire a envahi la bibliothèque. Oui, on parle de recherches grandement facilitées, on parle de progrès, j’imagine. Mais j’étais nostalgique du temps où on s’assoyait tranquille avec un bon livre et ralentissions le temps. En attendant les amis, j’ai pris une pause pour m’étirer sur le parfait banc pour réaliser cet exercice.